La canicule que nous traversons donne lieu à des scènes insupportables. Des enfants épuisés, incapables d’apprendre, qui souffrent physiquement, saignent du nez et vomissent pour certains. Des parents désemparés qui s’organisent en catastrophe lorsque l’école ferme. Des enseignantes et enseignants au bout du rouleau.
Partout, le même constat : le sentiment d’être laissé seuls, démunis face à une urgence qui est pourtant tout sauf une surprise.
Chacun pour soi, chaleur pour tous ?
Face à cette situation, la débrouille est reine, les incohérences nombreuses. Or les pouvoirs publics ont le devoir et les moyens de protéger nos enfants lorsque les écoles deviennent des fournaises, et d’éviter au maximum que cette situation ne se reproduise à court comme à long terme.
C’est pourquoi nous demandons, en urgence :
- Aux maires, d’identifier dès maintenant les écoles les plus exposées et d’organiser des lieux de repli frais à proximité : églises, bibliothèques, musées, parkings souterrains, salles associatives, bâtiments publics climatisés ;
- Aux préfets et à l’Etat, de coordonner l’ouverture gratuite des lieux recevant du public et climatisés, notamment les musées nationaux, bibliothèques, équipements publics disponibles ;
- Aux collectivités locales, d’armer concrètement ces lieux frais : signalétique, accès à l’eau, encadrement, information des familles, transports, coordination avec les directions d’école, les services sociaux et les professionnels de santé ;
- Aux entreprises disposant de bureaux climatisés, d’ouvrir leurs portes lorsque c’est possible, au minimum pour organiser l’accueil des enfants de leurs salariés dans des espaces adaptés, plutôt que de laisser chaque parent improviser seul.
Une obligation morale et républicaine
Il ne s’agit pas de prétendre que ces solutions sont parfaites. Elles ne le sont pas. Ce sont des réponses de crise à une crise. Mais l’inaction, elle, est parfaitement inacceptable.
Avec plus de temps, d’autres solutions existent : installation de protections solaires, débitumisation et végétalisation des cours, installation de voiles d’ombrage, ventilation nocturne des bâtiments, organisation adaptée et protocoles automatiques (ajustement des horaires, déplacement des activités dans les salles moins exposées).
Nous demandons donc aux pouvoirs publics d'agir sur deux fronts à la fois : protéger les enfants dès aujourd'hui et en anticipation des prochaines vagues de chaleur de cet été, et engager sans attendre l'adaptation de nos écoles aux canicules qui seront de plus en plus fréquentes dans les années à venir.
Nous n'avons pas le luxe d'attendre.